La Tanière de la Licorne - Le Chant des Morts
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Le Chant des Morts



Chapitre 01
Partie 1 : Premier Soupir

- Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour. Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi.
- Et caetera, et caetera... Ne trouvez-vous pas que cela à une odeur de pourri ?
- Dieu est notre créateur, il ne nous veut que du bien, il nous protège !
- Alors prie, parce que ton dieu ne sera pas là pour t'entendre mourir !

Complexe d'Aerial, aux environs de Seattle, 2h34 :
Pourquoi est-ce que j'étais ici ? Pourquoi ais-je accepté ? Le contrat était pourtant clair. Quel contrat me demanderiez-vous ? Un contrat, qui visait à m'obtenir des vacances jusqu'à la fin de ma vie. Chouette idée ! A la place de ça, je me retrouve entre quatre murs, une balle dans le bras, la Lone Star nous coinçant dans cette pièce. Heureusement, ils n'ont pas encore utilisé leurs grenades, sinon ça risquerait de faire mal des deux côtés. Tous ici, sont dans le même pétrin, tous ont été enroulés. Nous ? Je vous les présentent. Celui qui est à ma droite, c'est Risl Sinnoval, dit "le Tigre", une vrai machine à tuer. Rien qu'à le regarder, on peut parfaitement voir qu'il est serein comme une pierre. Ahurissant ! Celui à ma gauche : Viso Erukov, Nain Russe, alias Chrome. On aurait dis un robot si on ne le connaissait pas : il s'est fait teint les cheveux en argenté, il s'est fait changé les iris, pour les mettre en argenté, il s'est coloré les veines saillantes en argenté... Seul les bras n'avaient pratiquement rien en argenté. En face, Terry Finor, mage elfe. Lui, sa spécialité, c'est les tatouages bleus et verts. Notre ami le troll, Thomas Tramer, spécialiste en armes lourdes, enfin, en tout ce qui est lourd plutôt : véhicules, armes et armures. Il a beau être un troll et avoir l'air idiot, c'est un intelligent dans l'âme. Un autre elfe, Marfin Kesslan, infiltrateur, appelé "l'Ombre", se trouve près de la porte électronique pour essayer de la refermer.
Excusez-moi j'ai oublié de me présenter : Scott Wains, humain. Ma spécialité, c'est de m'attirer des ennuis et manier les pistolets. Devinez c'est à cause de qui on est là ? Même pas moi pour une fois. C'est encore une corpo qui nous a tendu un piège. Notre mission : récupérer l'argent d'un coffre. Quel coffre me demanderez-vous, et bah celui qui est juste à ma droite, quelques mètres plus loin, grand ouvert, avec à côté, Benjamin Villande. Pour lui, l'électronique et la mécanique n'ont aucun secrets. On devait l'ouvrir, prendre l'argent et se tirer, sauf qu'il n'y avait pas d'argent.

- Grenade !

Quelque part dans Seattle, 22h35 :
- Vous avez l'argent ?
- Oui.
- Montrez-le.
L'inconnu s'avança, la mallette à la main. D'un geste précautionneux, il porta sa main à l'ouverture de la mallette, et l'ouvrit doucement. L'autre homme se tenait en face, à sept mètres, un pistolet à la main, et heureusement, il n'était pas braqué sur lui. Trois hommes se trouvaient à ses côtés, tous trois armés de fusils d'assauts.
- Déposez-la sur le sol.
Il déposa la mallette à terre.
- Eloignez-vous maintenant.
L'inconnu recula, un des hommes approcha de la mallette, la prit, regarda à l'intérieur, fouilla, puis revint à côté de son patron.
- C'est bon, il y a l'argent patron.
- Alors liquidez-le.
La figure de l'inconnu prit une teinte pâle dès que ces mots parvinrent à ses oreilles. Les trois hommes braquèrent leurs fusils d'assaut sur lui. Il sauta sur le côté, plongea la main dans son manteau, sortant un petit boîtier. Trop tard. Les balles l'atteignirent en plein dans le torse. Non, pas trop tard, il lui restait encore de l'énergie. Il appuya sur le petit bouton à la base du boîtier puis il sourit, ce qui ne devait pas être très beau à voir, vu le sang qui coulait de partout. Sa vision se brouille, puis il entend des bruits de portière, et de moteur. La voiture partit. Une explosion. C'est fait.

Complexe d'Aerial, Seattle, 2h35 :
Ils ont osé utiliser une grenade. Apparemment ils n'avaient pas vu Marfin à l'entrée. Bien qu'il n'ait pas de réflexes câblés, il était quand même sacrément rapide. Je ne sais pas comment, mais il avait su qu'une grenade allait pointer son nez dans cette foutue pièce, l'avait attrapée, et l'avait renvoyée.
Une explosion. Des cris. Bien joué Marfin !
- La voie est libre je crois, dit Marfin avec un petit sourire.
- Je vais voir, proposa Risl.
- Bonne idée, lui répondit Wains.
Risl se leva, son "Faucheur" à la main – un fusil d'assaut très amélioré par ses soins -, il s'avança jusqu'à la porte, puis inspecta. Une détonation étouffée. Il venait de liquider le dernier homme.
- Allons-y.
Ils se précipitèrent dans les couloirs, chacun à son ordre habituel : Risl en premier, Erukov ensuite, Finor, Marfin, Villande, puis Wains.
- On fait comment maintenant pour sortir de ce truc maintenant qu'on a plus de plan ? Demanda Erukov d'un ton sarcastique dirigé à l'encontre de l'humain.
- On s'achète un decker, riposta l'intéressé.
- Je vais m'occuper de ça pour l'instant, dit Finor. Couvrez-moi le temps que j'inspecte les lieux.
Risl acquiesça, Finor se mit contre le mur, se détendit puis ferma les yeux. Quelques instants plus tard, il les rouvrit, un sourire triste aux lèvres.
- Il y a des gardes partout, dit-il, puis après une pause : par-là.
Après quelques croisements, couloirs et morts, le groupe s'arrêta.
- Eh merde! ! T'aurais pu prévenir qu'il y avait un paquet de flics. On a l'air malin nous.
- Chut ! Regardez ! Dit Marfin.
Un homme vêtu d'un grand manteau noir se dirigeait tranquillement vers le pâté e quinze gardes. Un de ceux-ci l'arrêta :
- Excusez-moi monsieur mais vous ne pouvez pas rentrer.
En moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, le type sortit une lame de son poignet droit et la planta dans le coup du policier. En même temps, il pointa un pistolet-mitrailleur sur le groupe de policier de sa main gauche, et tira. Ils n'eurent même pas le temps de réagir que quatre d'entre eux était déjà tombés. Ils dégainèrent tous leurs matraques à électro-choc, sauf deux d'entre eux qui saisirent des fusils d'assaut. L'inconnu désarma deux policiers d'un coup de pied, et en envoya un autre voler sur ses équipiers, en lui donnant un coup de lames au passage. D'une autre salve, il en abattit trois autres. Il plongea sur le côté pour éviter la rafale d'un premier policier qui blessa un de ses coéquipier, esquiva un autre, atterrissant derrière celui qui venait de tirer et l'égorgea. Wains tourna la tête pour se rendre compte que Risl n'était plus là. En regardant un peu plus, il l'aperçu, tapi dans l'ombre, non loin du combat.
Le Tigre sauta, atterrit sur les épaules d'un garde – vive les jambes cybernétiques – et lui tordit le cou. L'inconnu sortit la lame de son autre poignet et embrocha deux gardes, qui s'affalèrent sur le sol, leurs mains collées sur leur ventre pour essayer de stopper l'hémorragie. Les trois derniers policiers tentèrent de frapper l'inconnu, qui en esquiva un, désarma un autre avec un coup de pied, et sectionna la main du dernier. Il prit une matraque par terre et frappa celui qu'il venait d'esquiver, qui tomba par terre sans connaissance. Le dernier policier encore en vie se retourna et courut, Wains reconnu le fidèle bruit du Faucheur et il s'affala, une balle dans la tête. Les deux combattants firent face, chacun pointant son arme sur l'autre.
- Lâche ton arme, dit l'inconnu.
- Toi d'abord, répliqua Risl.

Croisement de la 26e et de la 167e, appartement 39, Seattle 1h57 :
La porte s'ouvre, un homme entre. Il s'étale sur son lit en lâchant un petit juron inaudible. Il se met sur son dos, ouvre son manteau. En dessous, un gilet par balle, couvert de faux sang.
- On n'a beau avoir un gilet par-balles, ça fait quand même mal. La vache...
Son nom : Maure Birsuit, alias "Vive Argent", shadowrunner. Il étend la main jusqu'à son tridéophone, et appuie sur la touche "message". La voix métallisée féminine parle :
- Vous avez un nouveau message. Vingt-quatre mars, à dix-huit heures.
- Lecture, maugréa-t-il.
- Maure, c'est Marfin, on a une grosse affaire. Rendez-vous à deux heures au complexe d'Aerial.
- Et merde !
L'homme se lève, prend son pistolet-mitrailleur, et part.

Complexe d'Aerial, Seattle, 2h35 :
- C'est bon, je le connais, arrêtez.
Marfin s'était interposé entre les deux hommes, levant les bras.
- C'est qui ? Interrogea Risl.
- Maure, un ami. Je lui avais demandé de venir, répondit Marfin.
- Désolé mais j'étais en mission. Je n'avais pas pu lire ton message.
- Merci pour le coup de main.
- Y'a pas de quoi.
Risl baissa son fusil, Maure rentra ses lames.
- Venez, il ne faut pas trop traîner. Des renforts vont sûrement arriver. Ne vous occupez pas pour moi, j'ai mon propre véhicule.
Maure avait une Suzuki dernière génération, customisée bien entendu. Villande avait une Ford Canada Bison, une fourgonnette blindée, avec tous ce qu'on voulait dedans : grenades, munitions, armes, boisson, nourriture. Il y avait même de bons sièges, confortables, moelleux. Un espèce de mini-appartement quoi. L'interfacé se brancha, le moteur vrombit, puis ils partirent.
     
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